dimanche 19 octobre 2008

SARCOPHAGES

Ainsi de mes amours ne me resterait, que la trace d’un oiseau dessiné dans le souvenir des nuages.

Il est vrai que je ne sais que céder, à l’appel du passage innocent, du message hasardeux, du mot qui fissure l’espace pour venir secouer le lit de ma douce mélancolie. Je ne sais que prendre le chemin des précipices, ceux que je creuse moi-même de toutes mes nuits, muni de phrases trop arrondies, désuètes et inadaptées pour ce labeur insupportable. Voici donc pourquoi je me relève toujours, il y a bien le vertige de la chute, l’effroi et le renoncement, mais jamais les os ne se brisent, jamais le gouffre n’est assez profond.

Ce dimanche, le chagrin c’est ce serpent qui se faufile devant moi, se glisse entre les restes posés sur la table, la bouteille de coca en plastique, le cendrier qui déborde, les pots d’actimel vides, et ce café froid qui me raconte sans cesse toutes mes tristesses inamovibles.

Si j’écrivais le mot chagrin, ce serait comme si je m’imposais de vivre une émotion que j’aurais d’abord commencé par feindre.

Si je vivais le mot chagrin, ce serait voir cette forme qui sort du brouillard, qui supplie que l’on cesse de s’en soucier afin qu’elle puisse se donner la mort et disparaître enfin.

Les autres sont devenus des mains anonymes qui frappent à ma porte et me dérangent alors que j’écris mon tombeau. Si je ne peux creuser avec des phrases, alors comment faire de la rage quelque chose de plus sec, comment mourir sans avoir à laisser un cadavre.





2 COMmentaires:

Kalamity Hell a dit…

Elle est belle, cette première phrase...

Anonyme a dit…

Cast the pearls aside, of a simple life of need
Come into my life forever
The crumbled cities stand as known
Of the sights you have been shown
Of the hurt you call your own
You know, you know
Love is suicide
Love is suicide
Love is suicide
Love is suicide

The empty bodies stand at rest
Casualties of their own flesh
Afflicted by their dispossession
But no bodies ever knew
Nobodys
No bodies felt like you
Nobodys
Love is suicide
Love is suicide
Love is suicide
Love is...

Now we drive the night, to the ironies of peace
You can't help deny forever
The tragedies reside in you
The secret sights hide in you
The lonely nights divide you in two
All my blisters now revealed
In the darkness of my dreams
In the spaces in between us
But no bodies ever knew
Nobodys
No bodies felt like you
Nobodys
Love is suicide
Love is suicide
Love is suicide
Love is suicide