LES ABSENTS
Je me souviens, tu aimais l’automne, cette saison te rendait plus sereine, la pluie t’ôtait la culpabilité de ne jamais sortir. Je me souviens de ta vie comme d’une légère brise blanche, perdue dans un long chant noir affamé. Je me rappelle bien oui, je voulais te dire quelque chose. Tu passais de longues heures à découper les calendriers de la poste, les jours et les mois en petits rectangles que tu éparpillais avec soin sur ton bureau. Je te regardais ensuite recoller les jours et les dates de façon aléatoire, je te regardais, cela ne te dérangeait pas, j’étais absent derrière toi. Je me souviens, nous étions le treize avril, et demain serait le vingt six septembre, le troisième jour j’allais me résoudre à te dire quelque chose. J’ai le souvenir de ton regard fixe, tes yeux qui pleuraient sans jamais inspirer la compassion ni la pitié. Je me souviens, tu étais cette chose, empreinte d’une inconsistance qui s’oubliait d’elle-même, fantôme de quelqu’un qui fût éventuellement. Je me souviens de ton âme qui s’était trompée de corps, ton corps qui s’était trompé de monde, et ta voix qui sortait de nulle part. Je me souviens que je voulais tout de même te répondre, je voulais te dire quelque chose, c’était un jeudi d’octobre. Un lundi de février tu es partie, et tout le monde a fait mine de ne pas s’en apercevoir, tu n’avais jamais été là dirons nous. Je n’ai pas oublié, je voulais te dire quelque chose, je ne me souviens plus quoi.
10 COMmentaires:
Aime où vent
J'ai oublié de sourire à la fin de ma lecture. Touchée.
Une histoire hors du temps hors des corps, hors dés ordres...
Je vais me chercher des ciseaux tiens ! :)
Superbe. Déconcertant. J'ai lu ça un 25 décembre 2008, comme si c'était hier, le 5 avril de la même année alors qu'aujourd'hui, j'ai oublié et que demain, le 30 octobre, peut-être je me rappelerai. Le temps ne serait donc pas une séquence directionnelle mais juste une suite alétoire détachée de toute réalité quand il revit dans la mémoire.
Et de temps à autres, il y a quarante années entre deux jours.
Ca commence à sentir la naphtaline ici,c'est quand que t'es plus mort?
Bises++++
besoin d'un metteur en images ici (là-bas outre atlantique). plusieurs projets aux effets anti-spleen tournent autour de la miss dame et de la nina. invitation lancée. t'arrive quand tu vois par où passer. tessons interdits dans l'avion (rires).
en plus, se serait vraiment utile que tu embarques le pc de miss dame, pas de photoshop chez la louVe, elle s'agite ta belle amie. (smilz)
vangauguin a dit, vangauguin a dit, vangauguin a failli dire, vangauguin a failli oublier de dire:
Ah! Vivement les vaccins POUR Alzheimer, qu'on puisse un peu oublier, perdre la tête!
Souviens toi du vase, sinon c'est à pisser de rire! oups, je me suis oublié...
Male mirmade, si jamais tu n'dors pas en décembre 2008, j'arriverai à Paris vers le 14.
Passerai les dernières heures de ma trentaine
entre la Belgique et la France. Peut-être si assez de fric aller voir en vrai les oeuvres de cet architecte espanol à Barcelone.
à plouss donc, avant la vraie fin de nos faims.
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